Interview Mme Joëlle Rodrigues
L : Bonjour.
J : Bonjour.
L : Qui êtes-vous ?
J : Je m’appelle Joëlle Rodrigues et je suis sur Joué-lès-Tours depuis 1960. Je n’ai jamais changé de ville.
L : Pouvez-vous nous raconter un souvenir vécu sur la Rabière ?
J : Il y a possibilité, oui. Donc nous, avec mes parents, nous avons aménagé à la Rabière en 1960. La Rabière était encore en construction à l’époque. Elle ressemblait à un petit village au milieu des vignes, parce qu’il y avait encore beaucoup de vignes à cette époque-là et tout le monde se connaissait dans le quartier. Il y avait beaucoup de familles nombreuses, ce qui favorisait les relations de voisinage.
L : Quand je vous évoque mémoire d’un paysage urbain, ça vous dit quoi ?
J : Disons qu’on pouvait jouer sans danger, car il y avait toujours des parents qui intervenaient en cas de problème, car il y avait peu de circulation. On était souvent en bande, on va dire, mais c’était très très très amical et on n’avait aucun souci de sécurité ou de choses comme ça, très peu de circulation, les gens n’ayant pas les moyens de se payer une voiture à l’époque. On faisait des courses de patins à roulettes ou de voitures fabriquées avec de vieilles poussettes d’enfants, au grand désespoir des parents qui voyaient leurs bouteilles d’huile disparaître des placards qui étaient utilisés pour lubrifier notre matériel. Quand on s’éloignait du quartier, on allait sur le chantier de la ZUP qui commençait à émerger et on faisait du toboggan sur les dunes de terre laissées par les engins. Alors évidemment, on s’installait sur une planche en bois et on se laissait glisser jusqu’en bas de la dune. C’était très drôle, c’était très salissant, mais on était très heureux. Chaque année, il y avait la fête de la Rabière avec des jeux, une buvette, des manèges et l’élection de Miss Rabière. Quand l’usine commença à embaucher des étrangers, beaucoup étaient logés à la ZUP et on pouvait organiser des matchs de foot entre Rabière et ZUP et c’était très convivial. Je garde un très bon souvenir de ce quartier.
L : Je vous remercie beaucoup pour votre témoignage.

Miss Rabière 1969 et ses deux dauphines

Miss Rabière 1970